BDSM Humiliation AURORAWEBLOG

                                                  Photo © EvilxElf

 

 

 

Consentie ou pas, en BDSM, l’humiliation est la chose que je ne pourrai jamais « avaler ».

Une commentatrice a beau me dire dans le fil de cette note sur les chiennes et les maîtres que c’est ce qu’elle recherche mais dans le cadre d’un rapport de dualité et de respect dans le couple, il n’empêche que demeurera toujours dans ma tête une question :

-celle qui veut être humiliée, qui ou quoi charge-t-elle quelqu’un d’humilier en elle et pourquoi?

-et celui qui humilie - et que je ne peux imaginer une seule seconde comme une machine prête à distribuer de l’humiliation mécaniquement - quel plaisir trouve-t-il à humilier et là encore qui ou quoi humilie-t-il et pourquoi ?

 

C’est effectivement la partie du BDSM que j’ai refusée. Totalement.

Et je ne peux croire, comme la commentatrice l’affirme, qu’il s’agit, somme toute, d’une pratique quelconque, aussi banale qu’une fessée.

 

L’humiliation, ça va chercher très loin dans le ressort socio-psychologique.

Il y a à mon avis de la part des deux (oui, j’ai bien dit des deux, quitte à choquer) un manque d’estime de soi dans l'absolu ou son paradoxe, une trop grande estime de soi qui amène à culpabiliser et donc à avoir besoin de payer ou de faire payer (je parle encore ici pour les deux cas). Mais c'est une dette ou un impôt (ici, bien sûr, selon le côté où l'on se situe) définitivement insolvable.

 

Même lorsque l’humiliation ne paraît jouer que sur le terrain physique, ou quand elle se place dans le domaine du mot (le maître, la chienne, la p…, la s….. et leurs attitudes afférentes), elle est déjà dans le camp de la cérébralité. Mais une cérébralité qui porte vers le noir total.

Quelque part, elle se voudrait catharsis, sauf qu’elle échoue toujours dans son but et qu’elle reproduit sans « panser », à l’infini, comme les maillons d’une chaîne qui n'en finissent jamais de se multiplier.

Et là, ce ne sont pas des « chaînes qui libèrent », bien au contraire, mais plutôt de celles qui conduisent au « toujours plus ». Sans échappatoire.

Ma commentatrice est très jeune et sa phrase « Le névrosé par contre se retrouvera vite mordu par la chienne qui se sent plutôt chatte -et indépendante. » me laisse à penser qu’elle ne fait pas partie de celles qui sont déjà du côté de l’ombre dont on ne ressort pas.

 

Mais combien en ai-je vues d’autres !

Je me souviens d’une « Eurydice ».

Comprenne qui pourra …Ou qui se souvient aussi : c'est une histoire qui date de ... 2002 !

Elle a fait des émules.

Aujourd'hui, un « Canalblog » très « connu », par exemple, est son sosie en désespoir, autodestruction et échecs répétés.

Il est loin d'être le seul.

 

Et ceux qui les y accompagnent, en ces enfers ! Bourreaux-complices certes mais englués eux aussi dans les limbes de cette quête inexprimable qui vient de si loin…

 

Si, pour ma part, cela m’est insupportable à penser, c’est, au-delà de cette pure explication touchant à la névrose, parce que la société humilie déjà bien trop.

Et que faisant partie de ce « corps » social, je ne peux accepter qu'il vienne s'étendre encore derrière les remparts de l'intime, y prolongeant son travail de sabotage de l'être.

 

Jusqu’à trente ans environ, j'ai été fidèle sans faille à l’ado de seize ans que je fus  : je croyais que le monde m’appartenait.

Lorsqu’est venu le temps des désillusions et que je  m’en suis pris « plein la figure », j’ai réalisé dans quel monde nous vivions.

Et comment l’individu y est nié.

Et combien il y est humilié.

Le monde du travail, notamment, est un bon endroit pour faire l’apprentissage de cette vérité.

 

A partir de là, l’humiliation dans le BDSM, non, jamais, même pas par jeu, même pas une seule fois.

 

Et quand à la « rechercher », j’aimerais, je le répète, savoir ce que l’on cherche vraiment là derrière.

Mais ce n’est pas une recherche anodine, pas anodine du tout…

 

 

 

PS: Et ma note du jour concernant U-blog, ici sur mon autre blog.