Hommage à Raymond Devos AURORAWEBLOG

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Ce soir, nous sommes tristes.

Raymond Devos nous a quittés aujourd’hui à l’âge de 83 ans.

Il était unique, avait donné au monde du comique une empreinte toute particulière, celle du non-sens et du jeu avec les mots.

 

Les mots, il les prenait, les envoyait en l’air comme un jongleur, les ramassait ensuite, les mélangeait comme un magicien le fait avec les cartes et en tirait toujours d’incroyables textes, musicaux , littéraires, d’un surréalisme qui n’aurait été qu’à lui : celui des clowns.

Il aura eu une vraie carrière d’artiste comme elles se construisaient au XXème siècle : parti de rien, passant par les cours de théâtre, le cabaret, avant d’accéder enfin aux plus hautes marches.

Mine de rien - comme tout ce que faisait ce gros homme à la grosse voix pourtant si tendre - en bateleur du vocabulaire, il  aura été l'un des plus grands ambassadeurs de la langue française.

 

Loin du « comique » qui fleurit aujourd’hui, consumé aussitôt que consommé, il laisse des centaines de textes à dire (mais par qui d’autre que lui désormais ?) qui sont autant de textes à lire. C’était cela la « marque » Devos. 

Une marque remarquable. Et inoubliable.

 

Qu’ici lui soit laissé le dernier mot.

 

Parmi tous ses sketches, je choisis d’en reproduire un, non mon préféré (c’est, pour qui voudrait le savoir, « La mer démontée ») mais « Sévère mais juste! » et c’est le meilleur hommage que ce blog-ci pouvait lui rendre, « Sévère mais juste » étant l’une des caractéristiques que l’on retrouve le plus souvent dans les profils des dominateurs des chats BDSM…

 

 

 

 SEVERE MAIS JUSTE ! (Raymond Devos)

 

Hier soir, je rentre chez moi... Qu'est-ce que j'apprends ?

J'apprends que le chat avait mangé la pâtée du chien...

Ah, mon vieux ! J'ai mis le chat dehors.

Là-dessus, qu'est-ce que j'apprends ?

J'apprends que le chien avait mangé la côtelette de ma femme...

Ah, mon vieux ! J'ai mis le chien dehors.

Là-dessus, qu'est-ce que j'apprends ?

Que ma femme avait mangé mon beefsteack.

Ah, mon vieux !... J'ai mis ma femme dehors.

Là-dessus, qu'est-ce que je découvre ?

Que le lait que j'avais bu le matin était celui du chat.

Ah, mon vieux !... J'ai fait rentrer tout le monde...

Et je suis sorti.

Sévère... mais juste !