Gene Bilbrew Bondage AURORAWEBLOG

 

                      Eneg Bondage AURORAWEBLOG  

                                        Dessins © Gene Bilbrew

 

 

C’est d’Eneg (Gene Bilbrew) - Eneg, c’est Gene à l’envers - que je vais parler ce soir.

J’aurais dû le faire hier puisque historiquement, Eneg suit Stanton et vient bien avant Robert Bishop mais je sentais que j’allais devoir me lancer dans des explications tordues et je me suis dit « Hop ! On saute Eneg ! ».

Sauf qu’il fait partie du quatuor Willie-Stanton-Eneg-Bishop et que si je l’omets, j’ai une table qui ne tient plus debout.

 

De toute manière, le problème s’était déjà posé avec Stanton.

Et le problème est compliqué.

Il vient du fait que je classe ces gens-là dans une section « Bondage Art ».

Pour Stanton, tout le BDSM pourrait me tomber dessus pour me dire que ce dernier ayant principalement représenté des scènes de domination féminine, il « appartient » à l’art BDSM et que l’on se fiche de ses bondages.

A quoi les bondageurs répondraient qu’étant l’héritier spirituel de John Willie dont il reprit les « Gwendoline », Stanton, c’est du « Bondage Art ».

 

Avec Eneg, c’est tout le monde qui pourrait me tomber dessus : les BDSMeurs en le revendiquant parce que ses bondages sont très « hard » visuellement et qu’il met aussi en valeur la « FemDom », les fétichistes parce qu’il est en effet le plus proche de leur univers (talons, tenues etc. : ils n’auraient pas tort parce que les planches entières de « pompes » dessinées par Eneg, ouch ! c’est quelque chose !) et les bondageurs rétorqueraient que j’ai raison et qu’il est, après sa rencontre avec Stanton, quelle que soit la forme de ses bondages, un dessinateur de ce thème.

Ce à quoi les fesseurs éclateraient de rire en disant que Gene Bilbrew est l’un des meilleurs artistes de « spanking art » (art de la fessée) que l’on ait connu.

 

J’explique : on peut être dans la vie seulement bondageur/bondagée et ne pratiquer que cela érotiquement sans être ni fétichiste, ni fesseur, ni BDSM.

Le reste est aussi vrai.

Le fesseur/la fessée peuvent se ficher du bondage, du fétichisme et du BDSM comme d’une guigne.

Les fétichistes itou des trois autres.

C’est le BDSM en fait qui cueille un peu partout dans ces catégories et les « fait siennes » en tant que « pratiques » dans le cadre d’un rapport de pouvoir qui (normalement mais voyez mon propre exemple) inclut les règles, les positions et la très formelle relation D/s ou SM.

On peut aussi être d’un peu partout ou de presque partout (moi, je me sens BDSM et Bondage et Fessée).

 

Et c’est vrai pour l’art aussi et particulièrement pour Gene Bilbrew.

Mais comme il faut faire un choix de catégorie pour le caser sur ce blog, alors je me retranche dans la lignée de l’explication « Stanton = Bondage Art » pour y coller Bilbrew aussi.

 

Né en 1923 à Los Angeles, Gene Bilbrew commença par des œuvres bien éclectiques dont une série de « Hercules », super-héros dans la tradition du « comic strip » de l’époque,

Ce n’est qu’en 1951, après sa rencontre avec Eric Stanton qui va le convaincre de travailler pour Irwing Klaw, éditeur de bandes dessinées connotées « bondage » qu’il va se mettre à créer ses personnages célèbres « Princesse Elaine » et « Madame La Bondage », créatures sophistiquées et chaussées haut.

Il participe parallèlement à diverses publications dont la  célèbre revue fetish « Exotique » de  Leonard Burtman et est aussi connu sous les pseudonymes de Van Road, Van Rod et de G.B Bondy.

 

Ses dessins de bondages montrent des actes de femme à femme ou en tout cas en compagnie multiple.

Ils n’ont rien de « japonais » : on n’y note pas d’axe « shibarisant » mais des chaînes ou autres machines de contrainte.

Ce sont pourtant eux qui l’ont fait passer à la postérité car ce sont les images que l’on a retenues de lui, premières évocations de ce qui devint ensuite le style nommé « Damsells in Distress » dans la BD.

 

On  remarquera surtout chez lui le style marqué de son époque : dans le cadre d’une censure américaine très sévère et vigilante, où l’on ne peut montrer ni la pointe d’un sein et encore moins un sexe, il réussit à la détourner en créant des femmes « sexy », pin-ups à la manière de Betty Page, poitrines et fessiers vêtus mais surdimensionnés et surtout en accordant une attention toute particulière au dessin de la jambe qui devient ainsi le lieu focal exacerbé de l’érotisme.

 

Gene Bilbrew est décédé en 1974.   

 

 

 

PS : Voilà.

Ma table a ses quatre pieds.

Je reviendrai sur ce thème dans quelque temps avec... les Italiens qui sont nos contemporains et...les mêmes problèmes de classification !