F COMME FIL CONDUCTEUR (3)...

 

Pour quatre soirs encore, ce n’est pas moi que vous lirez mais un texte savoureux et tout à fait « dans ma ligne », venu tout droit du Canada, qui raconte le voyage au pays du BDSM d’une jeune journaliste nommée « Satanique »… J’ai dû, pour vous le livrer, le découper en six chapitres ( comme l’auteur l’a fait, d’ailleurs ) car c’est une fort longue enquête et que je sais que le temps de lecture passé sur un post n’excède pas les deux minutes en règle générale (dixit E-Stat !)…

 

 

PS : Ce texte dans sa version originale est disponible sur :

http://levillagelibre.naucelle.com/index3?page3=bdsm11

 

journal en ligne généraliste d’actualité fort intéressant par ailleurs …

 

 

3-UNE JUNGLE DE FANTASMES

Certaines soumises – on parle alors d’esclaves -, cherchent un Maître (et vice-versa), quelqu’un avec qui elles pourront avoir une certaine forme de relation suivie et qui décidera alors de la plupart de leurs activités. Si l’idée vous intéresse, vous devez savoir dès le départ si vous voulez et pourrez continuer de travailler, par exemple. Mais à la maison, vous ne prendrez plus aucune décision.
Le Maître attendra de vous que vous fassiez la cuisine, le ménage, que vous l’accueilliez en vous prosternant à ses pieds, que vous mangiez par terre, sous la table, dans la gamelle du chien – il n’y a rien de trop beau pour ceux qui choisissent de vivre dans les chaînes. Il vous punira chaque fois que vous désobéirez ou selon son bon plaisir et, bien sûr, vous le remercierez.

Qu’y a-t-il de pervers à faire preuve de créativité dans la poursuite du plaisir.


Dominant célibataire, honnête, responsable, réaliste, décontracté, actif, jeune d’allure (grâce à son style de vie, à la pratique de sports et à ses gènes), cherche la femme qui saura être sa meilleure amie, son amante et sa partenaire dans une relation à long terme saine et sérieuse, rehaussée par la dynamique d’un échange de pouvoir érotique. Même si l’esprit est le véritable aphrodisiaque, le cyberespace ne présente aucun attrait pour moi. Pervers joyeux, ce qui me fascine, c’est la myriade de réactions indiquant que je viens de pénétrer dans l’espace délicat où plaisir atroce et douleur exquise se confondent, s’entremêlent, s’enlacent… et où l’excitation devient mutuelle. Les jeux sont sains, sécuritaires et respectueux, avec négociation et définition des limites (repoussées avec le temps) et respect du signal d’arrêt. Sadique achevé, je sais jusqu’où aller. Même si j’admire (et apprécie) une séance répétée et donnée sur commande, l’expérience a aiguisé chez moi un goût marqué pour l’intimité : j’attends de vous un engagement complet. Etant donné que je passe beaucoup de temps dans un bureau, mes intérêts et mes loisirs s’orientent vers le concret. J’aime l’air pur, les colibris, Eric Berne, une chevelure propre et brillante. J’aime bricoler, travailler le cuir et je suis fier de mon coffre à jouets garni de nombreux accessoires que j’ai moi-même fabriqués. C’est dans une belle maison de campagne isolée que j’ai l’esprit vraiment libre, dans un endroit que j’aime autant pour sa beauté naturelle que pour ses possibilités de jeux BDSM
..
Personne idéale – Exceptionnelle, honnête, heureuse, compétente et accomplie, vous avez confiance en vous. En forme physiquement (mince) et émotivement, vous cherchez à vous développer dans le cadre d’une soumission réfléchie. L’honnêteté et l’ouverture sont essentielles à la communication et vous pouvez les développer et les maintenir, vu leur importance dans une relation intime fondée sur l’échange de pouvoir. Vous savez que la voie que nous cherchons n’est ni facile ni parfaite. Vous appréciez la valeur érotique (ou en avez besoin) d’une douleur administrée avec compétence ; ou vous êtes prête à vous engager dans cette voie. Vous avez peu d’inhibitions que notre confiance, vos désirs (besoins) et mes conseils attentifs ne pourront vaincre. Bien que vous ne soyez pas du genre enfant gâtée, vous pourrez parfois décider par jeu de me convaincre de certains besoins disciplinaires. Vous me ferez réfléchir, rire joyeusement et saurez m’émouvoir ; avec le temps, vous m’amènerez à vous apprécier de plus en plus et à vous chérir comme mienne. Vous habitez peut-être à l’autre bout du monde. Nous ne tenons pas à éterniser une relation à distance, mais nous savons qu’il faut investir dans l’âme sœur si elle en vaut la peine. Lorsque nous déciderons d’être ensemble, nous trouverons le moyen. Photos récentes et adresse email envoyées avec plaisir à personne complémentaire. Où êtes-vous ? <SOURIRE>

Cette annonce de Sir Roderick (reproduite avec son autorisation) est celle d’un Dominant (je l'ai rencontré... beau gars! intéressant!) qui sait de quoi il parle et ce qu’il cherche, et qui sait que la voie qui mène à une relation fondée sur le BDSM n’est pas pavée de roses. Pour lui, la relation doit en outre être mutuellement satisfaisante. La soumise sérieuse ne s’y trompe pas. Oh… sachez aussi que les dominants se sacrent d’eux-mêmes Sir, Lord, Maître, comme dans Sir Stephen, Lord Francis ou Maître Godefroy.

L'esthétique du shibari


Il y a aussi ceux qui sont sérieux mais qui ne recherchent un partenaire que pour s’amuser de temps à autre – pour une séance de bondage japonais (de son vrai nom le shibari), par exemple. C’est quoi ce truc ? Ça consiste, pour le Dominant, à ficeler la soumise comme un rôti de veau par exemple, dans des positions impossibles et ahurissantes, pour la suspendre ensuite dans les airs, la crucifier entre deux poteaux ou l’écarteler sur une table, sur une chaise ou tout autre meuble spécialement conçu à cet effet ou non.
Le shibari est esthétique et produit aussi une sorte de massage sur la soumise, les cordes étant placées de manière à stimuler des points de shiatsu bien précis. Cette pratique érotique, fort prisée au Japon, s’acquiert depuis des siècles auprès de maîtres es bondage… qui se font payer très cher.
Vous n’avez pas les moyens de vous offrir un séjour d’étude à Tokyo pour vous perfectionner dans cet art? Allez dans Google (http://www.google.com/), entrez «bondage japonais» et vous trouverez tous les cours, croquis et photos à l’appui, dont vous avez besoin.

Gare aux prédateurs


Parallèlement aux véritables adeptes d’une forme ou d’une autre du BDSM, on trouve sur les sites alternatifs les prédateurs: ceux qui se disent Dominants pour trouver des personnes dont ils pourront profiter à loisir et rencontrer à l’occasion pour se satisfaire, sans aucune responsabilité. Il est facile de les reconnaître à leurs annonces.
À la recherche de plaisirs- Homme dans la cinquantaine, 1,75m, 80 kg, blond aux yeux bleus, musclé, raffiné, ayant un bon sens de l’humour et aimant le sport (ski, golf, tennis, natation et autres). À la recherche d’une femme soumise, d’abord pour échanges érotiques puis peut-être pour vie à deux. Je suis un homme d’affaires, ce qui fait que je peux me déplacer à ma guise. Personne idéale – Je cherche une femme soumise. Je n’ai pas d’expérience mais je sais que je peux faire un excellent dominant, compréhensif et généreux pour celle qui me conviendra. La personne que je cherche se soumettra à tous mes désirs et sera largement récompensée.
Vous voyez la différence avec l’annonce précédente ? Celui-ci prétend être un homme d’affaires et tout ce qu’il recherche c’est une maîtresse (avec promesse de plus) pas trop encombrante, capable de satisfaire ses goûts olé olé. Pour donner le change, il prendra peut-être un ton sévère et dispensera des ordres à une soumise novice, d’abord par courrier électronique ou par téléphone, ensuite en face à face. D'abord, il n'a même pas mis de majuscule à "Dominant"! Un autre exemple ?
Gentleman à la recherche d’une soumise- Homme discret dans la cinquantaine, élégant et raffiné, qui aime dîner à la chandelle dans de bons restaurants, cherche femme soumise sans aucune inhibition sexuelle. Personne idéale – Femme de belle apparence, 35 ans ou moins, aimant les bons restaurants, élégante, sans aucune inhibition sexuelle, qui se soumettra à tous mes désirs.
On a là le gars marié (discret) que sa femme ne comprend pas et qui fantasme à tout va. On promet générosité et restaurants chics à celles qui conviendront. Les deux pseudo-dominants qui précèdent ne sont pas dangereux. Ils espèrent, par une incursion dans le monde du BDSM, trouver des femmes qui assouviront leurs fantasmes.

L'accord réciproque avant tout


Malheureusement, les sites alternatifs sont aussi fréquentés par des gens dangereux, à l’affût de soumises peu renseignées ou de femmes qui désirent mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle.

Un jour, alors que je me promenais sur un site de rencontre «normal», j’ai trouvé l’annonce d’un gars que j’avais rencontré sur un site alternatif. Il avait gardé le même peudo et disait ceci :
À qui la chance ? Homme dans la cinquantaine cherche femme à combler. Une fessée devrait, pour vous, faire partie des préliminaires ? Nous sommes faits pour nous entendre !

Or, ce monsieur avait, sur le site alternatif dont je vous parle, une annonce à donner la chair de poule. Je l’avais rencontré, pour me faire une idée, même s’il avait refusé de me donner le moindre renseignement permettant de l’identifier. Son sujet de prédilection ? La torture sous toutes ses formes, qu’il décrivait dans une espèce d’état second.
La première rencontre (j’avais exigé qu’elle se fasse dans un MacDo) avait pour but de gagner la confiance de sa proie pour ensuite lui donner rendez-vous dans un loft abandonné éloigné de tout. Je ne m’étendrai pas sur les histoires que ce type m’a racontées, mais son truc, ce n’était pas le BDSM. Son annonce hard ne devait pas remporter grand succès, alors il essayait ailleurs et autrement. Souvenez-vous : le BDSM sous-entend toujours l’accord de tous les partenaires.