AURORAWEBLOG Willy Ronis Front Populaire    

                                                     Photo 14 juillet 1936 © Willy Ronis

 

 

Pour mon père, puisque c'est son anniversaire demain, un anniversaire avec tellement de bougies, au nom de l'avenir dont il a rêvé pour nous tous...

Pour mon fils, afin qu'il ne vive pas dans un monde pire que celui qui aura été le mien... 

 

 

La météo nous assure un temps à peu près correct partout pour demain. Et c’est une bonne chose puisque nous allons marcher.

Répéter inlassablement la nécessité de cette marche, de cette manifestation, une manifestation de masse et populaire, penser que bien au-delà du CPE, c’est toute une manière de « voir l’avenir » qui est là en cause pour plusieurs générations.

Songer à toutes les lois que nous avons « vues » passer depuis quinze ans, notamment pendant les vacances estivales….et qui ont été de bien belles couleuvres à avaler.

Faire barrage à celle-ci, celle de trop.

 

Il ne faut pas écouter les corbeaux qui nous disent que De Villepin ne peut pas retirer le CPE parce qu’il a été voté à l’Assemblée.

Chirac, en tant que Président de la République, peut utiliser l’article 10 de la Constitution pour demander à l’A.N. une nouvelle délibération sur une loi non encore promulguée.

 

Enfin, et je sais combien de salariés du privé seront hésitants jusqu’au bout, vu « l’état des possibles » en ce qui concerne la liberté de grève dans les entreprises, se souvenir que cette journée a une importance primordiale : De Villepin a osé aujourd’hui la provocation de l’ignorer par avance en convoquant par lettre pour mercredi syndicats et organisations étudiantes autour de ses deux « ultimes » propositions de concertation (qui datent déjà de ce week-end.)

 

Des inquiétudes bien sûr pour la suite, celles des jours à venir (je ne crois pas à l’invalidation du CPE par le Conseil Constitutionnel jeudi)  et pour plus tard.

Vers quelle société allons-nous ?

Méfions-nous d’autant plus du CPE que d’étranges manœuvres se trament autour du CNE à peine mis en place et des futures actions prud’hommales le concernant qui devront être supervisées désormais par la Magistrature « commune » (article Libé en lien ici)

De plus, pour ceux et celles qui l’auraient « ratée », je vous donne cette information trouvée chez Exigeant qui nous apprend que l'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois a appelé dimanche les étudiants en pèlerinage à Chartres à « ne pas se contenter du petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social ».

C’est la première fois depuis très, très longtemps qu’un homme d’Eglise s’immisce ainsi (lisez tout l’article) dans les affaires de l’Etat.

Pour nous qui tenons à une France laïque, c’en est trop !

Il faut bien mesurer tous les enjeux qui s’expriment désormais  à travers ce maintien ou retrait du CPE…

 

Et puisque le Monseigneur parlait du bonheur, je vous laisse sur les paroles d’une chanson de l’ami Etienne (Roda-Gil) écrite pour la comédie musicale « 36 Front Populaire » qui ne fut jamais montée mais enregistrée par Julien Clerc et quelques autres et qui s’appelle justement:

 

« Le bonheur »  

 

« Le bonheur, c’est tellement loin

Que même le printemps n’y peut rien

Le bonheur c’est tellement loin

Que personne, personne s’en souvient

 

C’est là que les trains s’envolent

Pour nous arracher à la terre

Et nous inventent un jour la mer

C’est la plus vieille des idées folles

Le grand bonheur, le grand bonheur…

 

Le bonheur au quotidien

C’est la certitude du pain

Le bonheur au quotidien

C’est l’espoir qui dort dans nos mains

 

Sur les routes ou les chemins

Qui vont au fond des grands déserts

Ou bien se perdent dans la mer

C’est l’horizon des cœurs en peine

Le grand bonheur, le grand bonheur…

 

C’est la plus vieille des idées folles

Le grand bonheur, le grand bonheur… »