F COMME FLAGELLATION ...

Avoir évoqué la fessée il y a quelques jours m’amène irrémédiablement à parler de la flagellation.

 

La flagellation, c’est déjà pour moi, l’étape seconde : elle requiert une confiance, une complicité, l’assurance d’un respect partagés qui sont essentiels.

Parce que là, fatalement, on va « jouer », physiquement, moralement, sur la douleur.

Parce que la « mise en scène » est différente. Ne serait-ce que parce qu’il faut des instruments.

Je laisserai volontairement le fouet de côté pour le traiter à W sous son nom anglo-saxon de « whip », plus adapté.

 

Mais la flagellation, quel que soit l’instrument, porte en elle tous les prémices, toutes les règles du fouet.

Et on ne se laisse pas flageller, fouetter par n’importe qui.

C’est tout de même un des plus énormes dons que l’on puisse faire à l’autre . Et ce don bien reçu sera merveilleusement rendu.

Pour cette raison, tout amateurisme doit être écarté. Encore une fois, c’est de votre peau dont il est ici question, c’est elle que vous mettez à cet instant-là en jeu !

Toutes les parties du corps ne peuvent être flagellées, celles qui permettent ce "plaisir" ne sont pas non plus égales les unes aux autres devant les coups à recevoir.

En clair, il ne s'agit pas de se livrer à n'importe quelle personne qui assouvira seulement ses propres pulsions, quitte à vous mettre physiquement en danger mais de "choisir", une fois de plus le "Maître" doté de bonnes notions d'anatomie, externes et internes et surtout doté de cette bienveillante attention indispensable ...

 

La flagellation c’est quasiment toutes les racines du SM qui s’y expriment : des Pères Flagellants des temps les plus reculés à la symbolique d’ « histoire d’ O », c’est vrai que tout le BDSM est là avec son histoire et que ceux qui vont « jouer », les vrais, les purs parmi nous en sont conscients.

 

Je précise avant toute chose n’avoir jamais pratiqué la flagellation comme « punition » du moins dans le sens que les « règles BDSM » donnent à ce mot.

Pour moi, pour nous, c’est une étape cruciale de nos « jeux », de notre congrès amoureux.

 

Les instruments ? Ils vont du simple martinet à la cravache (je laisse là aussi canne et badine de côté).

Le martinet peut-être de daim, à très longues lanières. Il formera alors comme une chevelure et sera une façon de caresser toute particulière, en longs enroulements autour du cou, du torse…

Le même, plus court, servira à flageller des zones très sensibles comme le sexe afin d’apporter un tout tout petit peu de douleur (juste un titillement) et surtout beaucoup de plaisir. Vu l’endroit nommé, cela me paraît évident.

 

Le martinet de cuir, plus rigide créé une douleur-chaleur qui se propage et qui met  très vite dans un état second, d’où l’importance qu’il soit tenu par des mains de confiance.

On peut en dire autant de la cravache.

 

C’est cela le BDSM : désirer avoir mal et supporter cette douleur jusqu’à la transformer en plaisir quelque part en nous dans une de nos alchimies magiques…

 

Pour celui qui « tient le manche », c’est nous accompagner amoureusement et à la seconde près dans ce voyage en nous assurant et la sécurité du transit et celle de l’atterrissage.

 

Ce compagnon de voyage, même si c’est celui d’un itinéraire intérieur, se doit selon moi d’être la personne la mieux disposée au monde à mon égard.

 

Il existe sans doute des Dominateurs qui peuvent gérer parfaitement cela du dehors avec une ou plusieurs soumises et avoir toujours cette attention et ce respect indispensables .

 

Mais, pour ma part, n’en ayant jamais rencontré de la sorte, je ne me confie dans mes « promenades hallucinées » au pays des lanières qu’à mon seul et unique Amour…