AURORAWEBLOG Wanda Wulz moi+chat (1903)

                                                Photo © Wanda Wulz

 

La photo de Wanda Wulz « Moi + chat » date de 1903 : il s’agit d’une superposition d’un autoportrait de l’artiste et d’une image de la tête d’un chat qui a nécessité l’utilisation de plusieurs négatifs.

Ce visage qui semble porter une sorte de masque électrique est une œuvre avant-gardiste de par l’onirisme qu’elle dégage, annonçant déjà le Surréalisme.

 

Lorsque je suis à quatre pattes (je vais en étonner certains), là au fin fond de nos Carpathes près de mon astre souverain, et si cela est animal, je revendique -moindre mal- de me nommer en pré-requis, toujours en toute vérité et selon mon seul ressenti, de choisir mon totem moi-même…

Je suis donc chatte ou tigresse, panthère ou encore « lionesse ».

Peu importe que le bestiaire de la faune BDSM ma catégorie ne retienne.

 

Je suis ainsi baudelairienne, sensuelle de chez Colette (pas la boutique, l’écrivaine) : je suis la féline qui guette.

Je veux bien me laisser prendre et ronronner sous Ses caresses, cacher mes dents et être tendre puis m’étirer avec paresse…

Je veux bien que dans ma fourrure, n’importe où, Il pose sa bouche, je le lui rendrai sans griffures, en oubliant d’être farouche.

J’en renierai mes origines sauvages ou toutes mes savanes.

J’accepterai même la cage, je serai souple comme liane.

Je veux seulement qu’Il connaisse d’où me vient ma féminité : qu’importe le collier, la laisse lorsqu’il y a complicité.

Lorsque les chaînes sont choisies, elles pèsent leur poids complet mais ce poids est pourtant celui qui mesure la liberté.

 

Paradoxe paradoxal, je veux bien m’écrire animal, je veux bien me dire domptée mais en verbes de volonté.

Je feulerai dans la nuit froide mon amour qui n’en finit pas, je miaulerai mille tirades pour chanter ce que je Lui dois.

Je mangerai dans l’écuelle, je laperai dans une jatte mais je resterai « lioncelle » avec des coussinets aux pattes et la griffe prête à sortir si quelqu’un ne comprenait pas que je suis « sous » mais sans faiblir et que l’on ne me prête pas.

J’ai pour toujours dans mes ancêtres « le chat qui va seul » de Kipling, je ne pourrai donc jamais être une Madone des sleepings.

 

Je suis le chat, le chat perché, le chat sherpa, la chatte aimée.

La chatte aimante, chatte amante. La chatoyante chatouillée, la chavirante chavirée.

Celui qui m’héberge est mon homme tout comme je suis Sa féline, c’est un couple harmonieux en somme : je Le surprends, Il me devine.

Et je suis Sa domestiquée qui a désiré abdiquer.

 

Tout est affaire de désir, tout ne se fait que par plaisir.